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Artistes : Leticia Martìnez Pérez · Rodrigo Mogiz / Période : septembre 2017 / Lieu : ALMA Espace d’Art (Paris) / Commissariat : Jean-Christophe Arcos  / Production : ALMA Espace d’Art, avec le soutien de Gabinete de Arte K2O (Brasilia)

Rafa vend trop bien pour être honnête : la nuit, dans les lits exposés au dernier étage du grand magasin Yeyo, il se tape presque toutes les vendeuses ; le jour, il s’attire par ses succès professionnels la jalousie d’un concurrent. Lors d’une rixe, Rafa le tue dans une cabine d’essayage – Lourdes, la plus moche des vendeuses, a tout vu ; le prix de son silence : la dévotion corps et âme du bel hidalgo.

Tourner en dérision la cruauté des rapports sociaux dans une économie libérale où les corps sont ramenés à de simples produits est le fil rouge du Crime Farpait (El Crimen Ferpecto, 2004), comédie gore d’Alex de la Iglesia. Associant désirs sexuels et meurtres sanguinolents dans le décor d’un temple de la consommation, il démonte les mécanismes d’un fétichisme en bout de course avec humour et violence.

 

L’humour et la violence se juxtaposent également dans l’exposition présentée à l’espace ALMA, qui réunit deux artistes, le brésilien Rodrigo Mogiz et l’espagnole Leticia Martìnez Pérez.

 

Rodrigo Mogiz est considéré au Brésil comme l’un des artistes les plus créatifs de sa génération. Son travail a été montré dans les institutions culturelles majeures du pays, à Sao Paulo, Rio de Janeiro, Bahia, Belo Horizonte et Brasilia, où il est représenté par la galerie Gabinete de Arte K2O.

Ses dessins, qu’il réalise en broderie, puisent dans les codes de l’illustration pour élaborer des récits dont les différents moments se distribuent selon des perspectives explosées et mises en tension : flottantes, les scènes semblent tirées de fictions à l’eau de rose pour en révéler la part tragique.

Comparant son aiguille à une lame, Mogiz fait proliférer sur ses panneaux armes blanches et revolvers, crimes et châtiments, dans une évocation omniprésente de rapports de forces conjuguant eros et thanatos.

 

Leticia Martìnez Pérez développe une relation décomplexée à la culture populaire : esquivant en les sublimant les clichés du kitsch, elle les confronte à leur potentiel subversif. Recourant explicitement à une esthétique du camp, elle exploite les techniques de l’art et de l’artisanat en brouillant les frontières entre tradition et modernité.

Félicitée de l’ÉSAM Caen/Cherbourg en 2017, elle vit aujourd’hui entre Paris, Saragosse et Bruxelles où elle poursuit ses recherches entrelaçant les objets quotidiens, les codes des distinctions sociales et sa relation physique aux matériaux.

 

Un crime parfait nécessite deux protagonistes aux prises jusqu’au dénouement fatal ; un crime farpait suppose que dans leur rencontre puissent à la fois se nouer et se déjouer tragédie et comédie. Le sérieux du drame et le grotesque de la farce se côtoient ainsi sans se travestir ni dépareiller – comme cul et chemise.

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