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Artistes : Hicham Berrada • Cyprien Gaillard • Estefania Peñafiel Loaiza • Yves Trémorin • Grazia Todderi / Période : octobre 2021 / Lieu : Art Fair Dijon / Commissariat : Jean-Christophe Arcos / Production : Art Fair Dijon, FRAC Bourgogne, FRAC Franche-Comté

Dans sa conférence sur l’image qui manque à nos jours, Pascal Quignard relevait le lien étymologique entre les astres, le désir et l’absence : les étoiles (sidera en latin) forment dans le ciel des augures que les hommes tentent d’interpréter selon leurs aspirations pour l’avenir.
Au moment où toute projection se dérobe à nous quant à ce qui pourrait advenir du monde, au moment où l’incertitude envahit l’ensemble des domaines de nos activités habituelles, pronostics, prophéties et prévisions deviennent les voies incertaines que nous cherchons à emprunter pour deviner, quoi qu’il en coûte, de quoi demain sera fait.
Parce que leur matériau premier est l’imaginaire, les artistes sont sommé•e•s de produire des visions de ce qui n’existe pas, ou pas encore. Cette charge de médium doit pourtant se nuancer : pour reprendre Stendhal, si toute oeuvre d’art est un beau mensonge, elle est aussi, en même temps, un miroir promené le long d’un chemin.
Les projections prévues pour Du présage à l’acte tentent de circonscrire ce moment de transition entre le réel et l’imaginaire, entre ce qui est donné et ce qui est appelé à se transformer.
Alors que l’humanité traverse un moment particulier sans précédent, où les crises sanitaire, climatique et économique s’agrègent pour culminer en un questionnement collectif et intime sur la durabilité de nos modes de vie et de représentation, l’art est volontiers investi d’une mission de boussole.
À la fonction critique qui lui est conférée s’ajoute l’ardent désir de voir l’artiste dessiner les contours d’un hypothétique monde d’après édénique, dépassant les conflits de coexistence liés aux pénuries, aux discriminations et aux dégradations environnementales.
Le programme des trois séances emprunte aux collections du FRAC Bourgogne et du FRAC Franche- Comté quelques vidéos pour mettre en question cette délégation. Par l’image en mouvement, il s’agit plutôt ici de renvoyer chacun•e à ses attentes envers l’artiste, comme envers un après crise.
Et si, finalement, nous ne pouvions attendre des artistes qu’un rappel de notre responsabilité face à nos attentes? Et si l’art était un compas permettant de mesurer la distance entre faits et désirs? Et si l’œuvre permettait, par le truchement de la re-présentation, et parfois de la reconstitution, d’entrevoir
l’ordre bancal de nos modes opératoires?
Peut-être alors nous autoriserions-nous, après de longues hésitations, à enfin passer à l’acte.

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