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Artistes : Guillaume Airiaud · Coraline de Chiara · Carole Douillard · Léna Durr · Yoeri Guepin · Léticia Martìnez Pérez · Wilfried Nail · Régis Perray · Xavier Veilhan / Période : octobre-novembre 2017 / Lieu : Nantes / Commissariat : Jean-Christophe Arcos  / Production : AzOnes, avec le soutien du Dr. Wilfried Pasquier

 

Il ne s’agit pas à proprement parler d’une exposition : plutôt d’une tentative d’habiter avec des œuvres un lieu, le futur loft d’un passionné d’art, et une fonction, celle de commissaire d’exposition.
L’espace de l’appartement comme lieu de vie et de conservation, dont l’aura est gardée symboliquement par des esprits bienveillants, le corps aussi du commissaire investi et agi par des envies, des gestes et des pensées qui ne sont pas les siens. Ghosts, and shells.

Habiter, c’est avoir quelque part ses habitudes.
Si habiter est une fonction humaine pour Le Corbusier, le terme revêt chez Durkheim le caratère fondateur du «faire société», puisque l’habitus constitue l’ensemble des cadres collectifs qui permettent à chacun des membres de s’individuer.
Face aux réalités plus prosaïques de la bénédiction du foyer, consacrant par l’art la demeure encore non occupée d’un collectionneur, se jouent les conditions d’une cohabitation entre vivants et non-vivants.
Il y aurait ainsi en quelque sorte exil en la demeure : quelque chose d’une transcendance qui échapperait par son invisibilité à la jouissance matérielle des murs tout en s’y tapissant. Peut-être un esprit des lieux?
Revient alors comme en écho cette idée selon laquelle l’art est ce qui rend le monde habitable. Vivre avec des œuvres prend alors un sens plein : faire apparaître par elles l’ambiguïté d’une matérialité qui porte en elle quelque chose qui la devance et la déborde.
Comme les deux mains, comme le corps au manche, l’artiste et le commissaire sont attachés. La différenciation entre le corps et son étranger peut s’estomper jusqu’à ne plus être revendiquée ni déterminée : face à une overdose d’objets, il est possible de poser le commissariat comme une mise en rapports entre sujets.
Selon cette perspective, le commissariat semble être en mesure d’affirmer son rôle politique, en tant qu’il met en visibilité une relation non plus à des objets marchandisés mais entre des acteurs subjectivés, des sujets, réunis dans une conversation, une pensée, une proposition communes.

Comment cohabitent les œuvres et les gens? Selon quelles temporalités, quels accrochages, quelles frictions? Comment la fréquentation assidue d’objets peut nous renvoyer à notre statut de sujets? Selon quels régimes?

Carole Douillard et Simon Pfeffel conçoivent pour l’exposition des performances activées par le commissaire, tandis que Régis Perray lui proposera une action spécifique ; Coraline de Chiara et Wilfried Nail conçoivent pour l’exposition des œuvres inédites.

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