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Artistes : Coraline de Chiara · Jean-François Leroy / Période : mai 2018 / Lieu : Progress Gallery, Paris / Accompagnement de la résidence : Jean-Christophe Arcos  / Production : Progress Gallery

 

Un mois de résidence durant lequel les deux artistes Coraline de Chiara et Jean-François Leroy vont cohabiter par la pratique et en premier lieu par la pratique de cet espace. Ils ont convié Jean-Christophe Arcos à partager ce temps d’exploration.

Restitution de la résidence le mercredi 16 mai 2018, de 18h à 21h

 

Depuis le 16 avril, Coraline de Chiara et Jean-François Leroy ont entamé un processus de résidence à la Progress Gallery.
Résidence – le terme évoque l’habiter.
La galerie se présente davantage comme un lieu de travail : il ne s’agit pas d’y faire l’expérience de l’alternance du repos et de l’activité, comme Beuys chez René Block, mais d’y concentrer une somme illimitée d’actions, de gestes, de tentatives.
Leur résidence repose sur un triple point aveugle : le white cube n’est pas vierge ; le white cube n’est pas vide ; ce qui y sera dévoilé n’est pas connu a priori.
Remettre à blanc l’espace d’une galerie donne l’impression de neutraliser les traces de son histoire ; les ragréages du sol, ici bosselé, là plus lisse, donnent pourtant un premier ancrage à une sorte d’archéologie indicielle (on pense au Timekeeper de Pierre Huyghe). Un moignon d’IPN peut se prolonger d’une sous-face inventée pour l’occasion par Jean-François Leroy, tandis que Coraline de Chiara dresse un inventaire peint des situations des objets dans l’espace.
Entre le début et la fin, une histoire se trame, qui révèle la somme fantasmée de toutes les histoires antérieures : l’espace se recycle, encore, encore, encore.
Empêtrée dans un fatras de tables, de chutes de bois, de cires mises au bain-marie : c’est peu dire que d’affirmer que la galerie s’encombre d’une multitude de gestes et de matériaux liés à la production.
Surtout, l’absence qui se tapit là et dont découle finalement toutes ces formes nées ou à naître, c’est celle du visiteur, à laquelle répondra celle de pièces intermédiaires. Tout au long de leur temps de travail à la Progress Gallery, chaque situation initiale aura généré une postérité, par altération, déplacement, manipulation, presque par parthénogénèse.
Du sol au plafond, l’espace subit le tir nourri d’une semaille – on pense au Seed Bed de Vito Acconci, qui faisait de la galerie Sonnabend, pour reprendre les termes de Lyotard, « un espace de projection et de spéculation ».
Cette profusion elle-même, qui augmente l’espace d’une temporalité, se révèle organique : des formes naissent, des formes meurent. Elles rejoignent alors celles qui ont ici disparu, qui ont laissé la place au vide (on pense aux tautologies de Joseph Kosuth chez Leo Castelli en 1969).
La galerie se fait maquette, boîte qui accueille les idées mortes.
Génération après génération (puisque chaque forme en suscite d’autres), une évolution s’établit : celle-ci aura résisté deux jours, celle-là trois, celle-là encore tient depuis le début sa place et son rang, elle persiste – jusqu’à quand ?
Le jour de son ouverture, la résidence restitue en un temps compressé l’ensemble des formes qui y ont vu le jour : rituel sacrificiel, l’ouverture aplatit ce qui s’est déployé, pour n’en garder sur le papier qu’une trace immobile.”

 

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